Les anciennes églises de Vicence : la basilique des Saints Felice e Fortunato
- Palladian Routes

- 14 oct. 2022
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Dernière mise à jour : 3 mars
À l’époque romaine, au sud de la Via Postumia, s’étendait une nécropole païenne où les premiers chrétiens enterraient également leurs morts. C’est ici que se développa le culte des frères Félix et Fortunat, de la famille Rainoni, martyrs d’Aquileia sous le règne de Domitian.
Vers la fin du IVᵉ siècle, on érigea une simple salle ecclesiae d’environ 10 × 16 mètres : une structure modeste, mais dotée d’un sol en mosaïque encore visible aujourd’hui à l’intérieur de la basilique. En 452, les hordes d’Attila attaquèrent et dévastèrent la ville, rasant l’aula ecclesiae. Celle-ci fut reconstruite sur un plan de 24 × 16,5 mètres, à trois nefs.
Au début du VIIIᵉ siècle, les bénédictins s’installèrent dans la basilique et la dédièrent aux saints Guy (Vitus) et Modeste, qui leur étaient particulièrement chers. En 802, Charlemagne visita la basilique, offrant objets précieux et privilèges.

En 899, des incursions hongroises détruisirent et incendièrent en grande partie l’édifice. L’évêque Rodolphe de Vicence, par un privilegium daté de 983, confirma les bénédictins dans leurs droits et leur accorda d’importantes ressources pour la reconstruction.
Le terrible tremblement de terre du 3 janvier 1117 dévasta tout le nord de l’Italie et endommagea gravement la basilique ; l’abbé Alberto entreprit immédiatement une nouvelle reconstruction. Sous les dominations scaligère puis viscontienne, l’église entra peu à peu en déclin.
En 1532, Bartolomeo d’Alviano proposa même de démolir la basilique pour renforcer les défenses de la ville — un projet heureusement abandonné.
Ce fut dans la seconde moitié du XVIIᵉ siècle, en plein Baroque, que l’image de l’église fut radicalement transformée. La façade fut revêtue de marbre en deux registres, surmontant un atrium précédé d’un portique à trois arcs. Portique et façade étaient couronnés de balustrades et de statues ; l’intérieur fut réaménagé et le plafond doté d’un caisson baroque.
Le presbytère fut séparé de la nef des fidèles, élevé sur des arcs néo-romans et couronné d’une riche tribune. Les murs, dépourvus de revêtement en marbre, furent enduits, et le cul-de-four de l’abside fut fresqué par Giulio Carpioni, représentant Le Couronnement de la Vierge par l’Esprit Saint.
Le manque d’entretien, l’usure du temps et le séisme de 1695 altérèrent de nouveau la structure, restaurée une fois de plus dans la première moitié du XVIIIᵉ siècle.
À l’époque napoléonienne, avec la suppression des confréries et des ordres religieux, les bénédictins furent expulsés ; en 1806, le complexe devint propriété de la municipalité.
Enfin, en 1935, grâce à l’action de Mgr Giuseppe Lorenzon, toutes les adjonctions des XVIIIᵉ et XIXᵉ siècles furent supprimées, et la basilique fut ramenée à sa forme du XIIᵉ siècle, celle que l’on peut admirer aujourd’hui. Adriano Bevilacqua
La basilique des Saints Felice e Fortunato n’est qu’un des nombreux reflets du patrimoine historique, culturel et artistique qui anime et traverse les Terres Palladiennes de la Beauté.Si tu souhaites vraiment y entrer, tu trouveras ci-dessous le passage qui prolonge ton exploration
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Article mis à jour en 2026




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